Comment la guerre en Ukraine révèle les aveuglements et les illusions perdues Comment la guerre en Ukraine révèle les aveuglements et les illusions perdues

Bientôt 4 ans et je pleure pour L’Ukraine … mais pas que

Comment la guerre en Ukraine révèle les aveuglements et les illusions perdues, pas seulement en Ukraine mais partout dans le Monde

Cela fera bientôt quatre ans que l’Ukraine brûle, et je me surprends encore à en avoir les larmes. Pas seulement pour elle, d’ailleurs. Pour tout ce que cette guerre révèle. Pour tout ce qu’elle condense d’aveuglements, de lâchetés et d’illusions perdues.

Vladimir Poutine et ses guerres à répétition :

Parce que Vladimir Poutine n’a jamais attaqué que l’Ukraine. Il attaque le monde depuis qu’il a mis la main sur le pouvoir. Et chaque fois que nous avons fermé les yeux, il a avancé d’un pas de plus.

1999–2000 : La Tchétchénie, première alerte ignorée

À peine nommé Premier ministre, Poutine relance la seconde guerre de Tchétchénie. Bombardements massifs, exécutions, disparitions ciblées, villages rasés.
Le signal est clair : la violence n’est pas un moyen, c’est un mode de gouvernance.

2008 : La Géorgie, la première frontière franchie en Europe

Il attaque l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie.
Cinq jours de guerre. L’Europe regarde, proteste à peine, puis retourne à ses priorités. Poutine comprend qu’il peut tester l’Occident sans en payer le prix.

2014 : La Crimée et le Donbass, l’appétit vient en mangeant

Annexion de la Crimée en février-mars 2014.
Guerre hybride dans le Donbass dès avril 2014 : « petits hommes verts », mercenaires, propagande, sabotages.
Là encore : sanctions limitées, indignation faible. Le Kremlin retient la leçon « RAS ».

2015 : La Syrie, laboratoire de la terre brûlée

Intervention directe pour sauver Bachar el-Assad.
Alep est écrasée sous les bombes russes. Hôpitaux ciblés, armes chimiques couvertes, couloirs humanitaires bombardés.
La Russie s’installe militairement au Levant. Personne ne la déloge.

À partir de 2018 : Les milices russes en Afrique, le pillage sous drapeau noir

Avec Wagner (renomé aujourd’hui), Moscou s’étend comme une tache d’huile :

  • République centrafricaine (2018) : contrôle des mines, exécutés, tortures.
  • Soudan (2019) : or exporté illégalement vers la Russie.
  • Libye (2019-2020) : soutien militaire au maréchal Haftar.
  • Mali (2021) : mercenaires accusés de massacres de civils.
  • République démocratique du Congo (2023-2024) : présence avérée de milices russes dans certaines zones minières.
    C’est une géopolitique du chaos : on s’infiltre, on offre la protection, puis on rafle les ressources.

2022 : L’Ukraine, l’attaque totale
L’invasion du 24 février n’est pas un dérapage. C’est l’aboutissement d’un schéma : tester, avancer, tuer, recommencer.

Et pendant ce temps-là, l’Occident a souvent regardé ailleurs.

L’autre vérité dérangeante : l’Amérique n’est plus ce qu’elle prétend être

L’époque Trump a été un tournant.
Un président qui menace l’Ukraine, qui tente de conditionner son aide à des avantages politiques personnels, qui fait des affaires pendant que les démocraties se débattent.
Un président qui flatte Poutine, lui ouvre un boulevard stratégique, et traite l’Europe comme un tiroir-caisse à taxer.
 Donald Trump devient même un passeur de plat, en proposant un plan de paix en 28 points directement écrit par le Kremlin divisant son propre camp républicain aux États-Unis. La question est qu’a-t-il obtenu à pour son propre compte en échange ? Comme par hasard son beau-fils était dans le coin, pour veiller aux intérêts personnels de son beau-père (Trump) et de lui-même ou peut-être pour récolter quelques contrats juteux en Russie ?

Il ne faut pas le dire pour accuser : il faut le dire pour comprendre.
Oui ce n’est pas politiquement correct de dire cela. Mais non,  nous ne devons pas nous taire et faire semblant de ne pas voir, de ne pas savoir. Car ce sont nous les peuples qui payons l’addition à la fin.
 Cela fait longtemps que l’Amérique vacille sur ses principes, et le reste du monde chancelle. Le reste du monde divisé ne doit pas être sous le joug de nouveau des 2 « puissances » États-Unis – Russie. On a vu ce que cela a déjà donné pendant près de 50 ans.

Alors merci mais : non merci !

Pendant que l’Europe continue de s’excuser d’exister

Elle joue les vierges effarouchées, timorées, divisées.
Elle parle beaucoup, agit tard, doute trop.
Et pendant qu’elle se cherche, elle se fait dépouiller :

  • par la Russie, qui avance ;
  • par la Chine, qui achète et étouffe par les prix ;
  • par les États-Unis, qui n’hésitent plus à nous faire payer même leur protection.

L’Afrique, elle, subit une nouvelle tutelle : celle de Moscou, plus brutale encore que les précédentes.

Alors oui, je pleure pour l’Ukraine. Mais pas seulement.

Je pleure pour ce monde qui se défait.
Je pleure pour cette époque où les despotes avancent pendant que les démocraties hésitent.
Je pleure pour cette naïveté européenne qui confond morale et faiblesse.
Je pleure pour ces peuples qu’on massacre dans l’indifférence parce que cela se passe « loin ».

Mais je ne suis pas fataliste, juste lucide.

On peut encore reprendre la main.
On peut encore se réveiller, se redresser, décider que cela suffit.
Il faut simplement accepter de regarder la réalité en face :
le monde change, et nous n’avons plus le luxe de rester spectateurs.

Il est temps, « vraiment grand temps », d’arrêter de dormir debout, et d’agir comme si l’histoire n’était pas déjà écrite.