« Et si le secret pour surmonter nos divisions résidait dans la simplicité du chiffre 1 ?

Permettez-moi d’abord de vous narrer brièvement l’histoire de mon ‘je’, mon 1 individualiste.

Aujourd’hui même j’ai 55 ans. Comme tout un chacun, je suis venu au monde, traversant une enfance marquée par des épreuves, parfois insurmontables. Durant mon adolescence, un drame, jugé atroce par notre société, s’est abattu sur moi. Ses détails, bien que sombres, importent peu. J’ai abandonné l’école, entamant un parcours jonché d’embûches. Ma vie s’est déroulée de petits emplois en petits emplois, confiné dans un espace de neuf mètres carrés, souvent affamé, régulièrement confronté aux créanciers. Colère et rancœur m’accompagnaient, partagées par de nombreux compatriotes. Cette adversité je ne suis pas le seul à l’avoir connue, nous étions nombreux formant ensemble un ‘1’. Puis, une prise de conscience révolutionnaire. Mon ‘1’ ne pouvait se résoudre à cette existence sans but. Armé de courage, j’ai repris ma vie en main, rencontrant de petits succès dans la presse puis sur internet. Mais le destin frappa à nouveau : un accident grave, de longues années d’opérations et de souffrances, laissant mon existence semblant s’effondrer une seconde fois. Pourtant, le ‘1’ mais cette fois collectif en fraternel fit son retour triomphant.

Laissons de côté le nombrilisme pour aborder le ‘1’, pierre angulaire de ma réflexion.

Nous évoluons dans un monde qui nous fragmente, cherchant à nous catégoriser par le plus petit dénominateur commun : le ‘1’ individualiste ou, à l’inverse, par des communautés aux intérêts restreints. Des partis politiques et des croyances ne poursuivant que leur propre agenda, ignorant le bien commun. Mais cette approche est vaine, car la vérité est multiple, les communautés innombrables. Cette vision étriquée engendre conflits et oppositions. Pour quel bénéfice ?

Je me tourne alors vers notre histoire, celle de la France, riche et singulière, qui nous a façonnés. Malgré ses fautes, elle nous a légué le plus précieux des héritages : liberté, égalité, fraternité. Mais avons-nous perverti son essence ? Confondu la liberté individuelle avec l’appartenance à une société unie, le ‘1’. L’égalité, souvent interprétée comme une parité entre communautés diverses, devrait être envisagée sous l’angle d’une unité harmonieuse. Quant à la fraternité, elle incarne la compassion, l’écoute, le respect mutuel. Elle enseigne que le ‘Moi’ ne prévaut pas sur le ‘Nous’. Toutes les croyances, toutes les opinions méritent considération, dans le cadre d’une laïcité qui n’est pas le rejet de tout, mais l’union de tout, pour ne former qu’un.

Il est encore temps de redécouvrir l’essence de la fraternité, cette unité indissoluble.

Un peuple divisé n’aboutit à rien. Nous devons réapprendre ensemble ce que signifie être ‘1’. Unis, nous sommes plus forts, capables de construire, d’innover, de créer, de grandir. Car si chacun de nous est unique, ensemble, nous constituons un tout. C’est notre fraternité qui nous rendra égaux, qui nous libérera pour choisir collectivement notre destin. Nous devons cesser de nous diviser, car c’est cette division qui nous corrode, nous rend intolérants, et affaiblit notre foi en l’avenir. La haine et le rejet de l’autre ne mènent qu’à l’anéantissement de notre humanité même. Chaque matin, malgré mes douleurs, mon handicap, mes faiblesses, je me fortifie en contemplant la force collective qui nous entoure.

Je n’impose pas ces pensées, je suggère simplement de les considérer, de les méditer. Ce ne sont ni une doctrine, ni un dogme, ni une politique, mais un espoir.

« Peut-être est-il venu le moment de repenser et de réinventer notre devise nationale, en la réordonnant pour mieux refléter notre idéal : ‘Fraternité, Égalité, Liberté’. Car c’est en cultivant la fraternité que nous parviendrons à une véritable égalité, et c’est sur les fondations de cette égalité que la liberté pourra pleinement éclore. Dans cette nouvelle lumière, notre drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge, retrouvera toute sa profondeur symbolique et son sens originel. C’est l’indivisibilité de notre République »

Citations :

  • Marcel David : « la fraternité est le principe et la vertu sans laquelle la liberté devient chimère et l’égalité mensonge »
  • Gandhi : « le jour ou l’amour fera place à l’envie, à la haine, à l’orgueil, le jour ou chacun aidera ses semblables dans le besoin et saura en témoigner, ce jour la, l‘âge d’or sera enfin une certitude »