Jeunes et réseaux sociaux, pas si Tic Toqués que ça Jeunes et réseaux sociaux, pas si Tic Toqués que ça

Jeunes et réseaux sociaux, pas si Tic Toqués que ça

Découvrez la réalité des réseaux sociaux : les jeunes sont-ils vraiment accrocs ? Explorez leur utilisation diversifiée et réfléchie.

Lorsqu’on parle des réseaux sociaux, une image se dégage souvent : celle d’une jeunesse scotchée à son écran, consumant des contenus superficiels, incapable de se déconnecter du flux incessant de vidéos et de notifications. Mais à y regarder de plus près, cette caricature mériterait d’être nuancée. Les jeunes, bien qu’ultra-connectés, semblent avoir un usage plus diversifié et parfois plus réfléchi des réseaux sociaux qu’on ne le pense. En revanche, les chiffres sur les médias traditionnels révèlent que les plus de 40 ans ne sont peut-être pas aussi « ancrés dans la réalité » qu’ils aiment le croire.

Les médias classiques : un public vieillissant

Les chaînes d’information en continu, souvent perçues comme une référence pour s’informer, attirent un public limité et bien plus âgé que celui des réseaux sociaux. Voici les audiences moyennes par émission en 2024 :

  • CNews et BFMTV (2,9 % de part d’audience chacune) : entre 300 000 et 350 000 téléspectateurs en moyenne par émission.
  • LCI (1,7 % de part d’audience) : 200 000 à 250 000 téléspectateurs.
  • Franceinfo (0,8 % de part d’audience) : 80 000 à 100 000 téléspectateurs.

Ces chiffres, bien que respectables, restent modestes comparés à l’impact des réseaux sociaux sur des plateformes comme TikTok, où un hashtag comme #BookTok cumule plus de 150 milliards de vues dans le monde. Alors que les chaînes d’information se targuent d’être des piliers d’actualité, elles peinent à capter l’attention des jeunes générations.

De plus, au vu du dernier rapport du Senat sur l’audiovisuel français, on ne peut pas dire qu’ils sont parfaitement hermétique à la partialité.

En parallèle, la consommation de télévision reste majoritairement le fait des plus de 35ans, qui passent en moyenne plus de 3h30 par jour devant l’écran télévisé, contre une présence bien plus diversifiée et active des jeunes sur Internet et les réseaux sociaux.

Les jeunes et leur rapport dynamique aux réseaux sociaux

Contrairement à l’idée d’une consommation passive, les plateformes privilégiées par les jeunes offrent des usages variés :

  • TikTok (1,5 milliard d’utilisateurs actifs mensuels) combine une dimension ludique avec une recherche de contenu ciblé. La communauté BookTok, qui met en avant des recommandations littéraires, a un impact considérable, notamment auprès des 18-24 ans.
  • Snapchat (750 millions d’utilisateurs actifs mensuels), quant à lui, reste un outil conversationnel qui favorise des interactions directes et spontanées, bien loin de l’exposition publique critiquée sur d’autres réseaux.
  • Instagram (2 milliards d’utilisateurs actifs mensuels) mêle esthétisme et contenu informatif, avec des formats comme les Reels permettant de vulgariser des concepts ou partager des connaissances.
  • YouTube (2,5 milliards d’utilisateurs actifs mensuels) reste une plateforme privilégiée pour l’apprentissage approfondi, les tutoriels et les contenus éducatifs.

Par ailleurs, les formats courts et interactifs proposés sur ces plateformes répondent à une demande d’information rapide et accessible. Que ce soit des vulgarisations scientifiques sur TikTok ou des résumés d’actualité sur Snapchat, ces contenus démontrent que les jeunes ne sont pas déconnectés de la réalité, mais qu’ils consomment l’information différemment.

Les plus de 35 ans : un attachement aux habitudes traditionnelles

À l’inverse, les plus de 35 ans restent majoritairement attachés aux médias traditionnels comme la télévision. Mais ces formats sont-ils vraiment plus « ancrés dans la réalité » ? Passer des heures devant des chaînes d’information, souvent critiquées pour leur sensationnalisme, ou consommer passivement des programmes télévisés ne garantit pas une meilleure compréhension du monde.

De plus, les chiffres montrent que ce public ne profite pas des opportunités offertes par les nouvelles technologies. Par exemple, seuls 13 % des 35-49 ans utilisent TikTok régulièrement, contre 55 % des 16-24 ans.

Chez les plus de 35 ans, Facebook et (en moindre mesure) X ce font encore une bonne place. Les événements, les discussions entre proches ou dans des communautés, et les pages locales ont encore une grande place. Toutefois, ce sont les plateformes jugées comme un terreau pour la désinformation et les débats polarisés, notamment dans les groupes publics ou autour de certaines actualités.

Facebook reste un espace social puissant, chez les plus de 40 ans, pour la communauté et les échanges, mais la qualité des discussions varie grandement selon les cercles fréquentés. La place des idées complotistes ou arnaques en tout genre lui à fait perdre bon nombre de part de marché en France.

Chez X (anciennement Twitter), le format court encourage souvent la simplification excessive des idées, les prises de position tranchées et favorise la viralité des contenus polémiques, y compris les fake news. C’est un espace où les discours partisans, les confrontations directes et les idées complotistes sont monnaie courante. Cependant, Twitter reste un outil puissant, notamment auprès des plus de 35 ans, diplômés ou politisés, pour accéder à une information immédiate. Il convient de rappeler qu’il est nécessaire de l’utiliser avec prudence, en raison de sa propension aux partis pris et à la désinformation.

Les jeunes et les réseaux sociaux : Un constat inversé ou une réalité à nuancer ?

A 17 ans : En France, la moyenne de temps passé devant les écrans est d’environ 3 heures par jour.

Adultes : Les adultes passent en moyenne 5 heures et 7 minutes par jour devant les écrans, hors activité professionnelle.

En comparant les chiffres, il apparaît que ce sont les plus de 35 ans qui restent enfermés dans des habitudes médiatiques dépassées. Pendant que les jeunes utilisent les réseaux sociaux pour s’informer, échanger et se cultiver, les générations plus âgées consomment des contenus plus passifs, parfois répétitifs, et à l’impact limité.

Les critiques envers les jeunes et leur prétendue addiction aux réseaux sociaux semblent mal renseignés, voir souvent infondées. Ces plateformes, bien qu’imparfaites, offrent un accès à des contenus diversifiés et des opportunités d’apprentissage et d’interaction que les médias traditionnels peinent à égaler.

Par ailleurs, il est étonnant de constater que ceux qui critiquent avec virulence l’utilisation des réseaux sociaux sont souvent les mêmes qui s’en servent pour amplifier leurs discours. Les chaînes et journaux traditionnels, à grand renfort d’intellectuels, alimentent parfois eux-mêmes les tendances sur X (anciennement Twitter), un espace qu’ils considèrent pourtant comme un danger. Une contradiction qui reflète leur difficulté à rivaliser avec la puissance des plateformes sociales modernes.