La France Sanctuarise le Droit à l'IVG: Un Vote Historique au Cœur de Versailles La France Sanctuarise le Droit à l'IVG: Un Vote Historique au Cœur de Versailles

La France Sanctuarise le Droit à l’IVG dans la Constitution

L’IVG dans la Constitution française : un moment fort pour les droits des femmes. Retrouvez les moments clés de cette décision historique.

Voici en détail le déroulement de cette après-midi ou l’IVG et rentrer dans la constitution française : Vote Historique au Cœur de Versailles.

Ouverture du congrès par la Présidente de l’Assemblée Nationale Yaël Braun-Pivet

L’intervention de la Présidente de l’Assemblée Nationale a été un moment fort dans le débat sur l’inscription de l’IVG dans la Constitution française.
« Pour la première fois de notre histoire, le Congrès du Parlement est présidé par une femme » déclare-t-elle à la tribune.
En s’appuyant sur son rôle institutionnel et son engagement personnel, elle a souligné l’importance de ce droit comme pilier de la liberté et de l’égalité des femmes dans la société.
« Je suis fière de pouvoir rendre hommage ici à toutes celles qui ont écrit, qui ont agi et aussi à celles qui se battent encore au quotidien, près d’ici ou loin de nous, pour que nous escaladions mètre par mètre la paroi escarpée menant à l’égalité entre les femmes et les hommes »
L’impact de son intervention ne s’est pas limité au cadre législatif ; il a également résonné auprès du public et des médias, contribuant à élargir le soutien populaire pour cette réforme.
La France est « à l’avant-garde » de l’égalité.

Intervention du Premier Ministre Gabriel Attal

« Ces femmes, mortes pour avoir voulu être libres, nous hantent (…) Nous sommes aujourd’hui le 4 mars 2024, et Gisèle Halimi n’est plus seule » en tant qu’avocate, elle avait combattu et plaidé pour le droit à l’avortement.

Gabriel Attal a présenté la vision gouvernementale de l’IVG, en insistant sur l’importance de ce droit dans le cadre des libertés individuelles et de l’égalité des genres.

« La lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes ne peut pas être la guerre des sexes. Elle ne doit jamais le devenir. C’est un combat pour toute notre société, un combat universel, un combat pour l’unité républicaine. Et ce combat nous le mènerons ensemble. Nous le gagnerons ensemble. »

Tout en rappelant ceci : « Et lorsqu’on veut s’en prendre aux libertés d’un peuple, c’est toujours par celle des femmes qu’on commence »

La réception de son discours par les parlementaires a été un indicateur clé du climat politique entourant cette question, reflétant à la fois le soutien et les défis rencontrés dans le processus législatif. Le premier ministre a souhaité remettre en perspective le débat sur cette mesure législative historique qu’est l’IVG.

« Aujourd’hui, le présent doit répondre à l’histoire », pour « faire définitivement justice à Simone Veil », lance Gabriel Attal sous les applaudissements.

Le Premier ministre français a conclu par cette phrase : « Je dis à toutes les femmes, au sein de nos frontières et au-delà, que l’ère d’un monde d’espoir commence ».

La lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes ne peut pas être la guerre des sexes. Elle ne doit jamais le devenir.

Résumé des positions exprimées par les députés et sénateurs des différents partis.

Voici un résumé des positions exprimées par les représentants des différents groupes politiques :

Sylvain Maillard, Renaissance

Sylvain Maillard a affirmé que la mesure visait à sanctuariser le droit fondamental des femmes à disposer de leur corps, reflétant l’engagement de son groupe et du gouvernement à défendre cette cause. Il a vu dans cette réforme une affirmation de la vocation universelle de la France en matière de droits de l’homme.

François-Noël Buffet, Les Républicains (LR)

François-Noël Buffet a exprimé des réserves quant à la formulation de « liberté garantie », craignant qu’elle ne place le droit à l’IVG au-dessus d’autres libertés. Néanmoins, il a indiqué que son groupe avait majoritairement soutenu le texte, reconnaissant qu’il ne modifiait pas l’équilibre de la loi Veil et ne changeait pas l’accès à l’IVG, malgré les difficultés existantes.

Hélène Laporte, Rassemblement National (RN)

Hélène Laporte a critiqué la précipitation perçue autour de la constitutionnalisation de l’IVG, arguant qu’aucune force politique majeure ne menaçait ce droit. Toutefois, elle a souligné que les membres de son groupe voteraient selon leur conscience, tout en mettant en garde contre un triomphalisme déplacé.

Laurence Rossignol, Sénatrice Socialiste

Laurence Rossignol a célébré cette « victoire » comme un aboutissement du long combat des femmes pour leur liberté, attribuant ce succès à la société civile, à la constance de l’opinion publique favorable à cette réforme, et à l’engagement des féministes.

Mathilde Panot, La France Insoumise

Mathilde Panot a exprimé sa fierté et son émotion pour cette « victoire », rendant hommage à toutes les femmes qui ont lutté pour le droit à l’IVG, des pionnières historiques aux militantes anonymes, affirmant l’importance de ce droit pour les femmes du monde entier.

Mélanie Vogel, Sénatrice Écologiste

Mélanie Vogel a mis en avant l’effort transpartisan et collectif qui a conduit à cette victoire législative, marquant un tournant historique dans la lutte pour les droits humains et des femmes, envoyant un message clair contre les opposants au droit à l’IVG.

Elsa Faucillon, Gauche Démocrate et Républicaine

Elsa Faucillon a souligné la nécessité de cette constitutionnalisation face au risque de régression, même dans les grandes démocraties, affirmant que le droit de disposer de son corps est essentiel à la liberté individuelle.

Autres positions

D’autres représentants ont également partagé leur soutien à la mesure, insistant sur la nécessité de prévenir tout risque futur de régression des droits des femmes et soulignant l’importance de maintenir et d’améliorer l’accès à l’IVG.

En marge du congrès quelques événements ont marqué la journée


Un événement symbolique a eu lieu à 18h30 :

Un message spécifique, accompagné d’un scintillement spécial, a été projeté sur la Tour Eiffel pour célébrer ce moment historique.
Les messages « #IVG CONSTITUTION » et « #MON CORPS MON CHOIX » ont été affichés sur ce monument emblématique, visible à chaque début d’heure.
La Société d’Exploitation de la Tour Eiffel a souhaité ainsi marquer l’importance de cette journée, pendant que les parlementaires votaient à Versailles. Un écran géant au Trocadéro permettait au public de suivre le vote, un événement organisé par la mairie de Paris et la Fondation des femmes.

Rassemblement de manifestants contre l’entrée de l’IVG dans la Constitution

Un rassemblement de manifestants contre l’IVG a eu lieu à Versailles, mobilisant environ 550 personnes selon une source policière. Ces manifestants, réunis à l’appel de la Marche pour la vie, ont exprimé leur opposition à la constitutionnalisation de l’IVG, utilisant des roses blanches comme symboles de résistance.

Fierté et émotion avant le résultat du vote

Des figures politiques, notamment des femmes, ont exprimé leur fierté et leur émotion avant le résultat du vote. Aurore Bergé, par exemple, a partagé une histoire personnelle liée à l’IVG en arrivant au château de Versailles avec sa mère. D’autres élues ont souligné le caractère historique de ce jour, portant des vêtements symboliques comme des vestes blanches en hommage aux suffragettes ou une robe verte en référence aux militantes argentines pour le droit à l’avortement.

L’heure des résultats pour inscrire le droit à IVG dans la Constitution

le Parlement français a adopté une révision constitutionnelle pour inscrire le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution. Cette décision, prise avec une large majorité, a vu 780 votes favorables, 72 contre et 50 abstentions, sur un total de 902 parlementaires votants. Ce résultat a dépassé largement la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés nécessaire conformément à l’article 89 de la Constitution.

Répartition des votes et opposition de l’intégration de l’IVG dans la Constitution

L’opposition à cette mesure est principalement venue des sénateurs Les Républicains (38 sénateurs et 12 députés) et des députés du Rassemblement National (11 députés), mais elle incluait également 6 députés de l’Union centriste, un sénateur du Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants, une députée du groupe Liberté, indépendants, outre-mer et territoires, ainsi que deux députés et un sénateur non inscrits.
Il est à noter que l’opposition était plus marquée chez les sénateurs (46) que chez les députés (26) et aussi un taux de 40% de femmes.

Participation et contexte du vote

La participation au vote a été significative, atteignant 94 % à l’Assemblée Nationale et 98 % au Sénat lors des séances préparatoires, illustrant l’importance accordée à cette révision.
Olivier Faure, député socialiste, a exprimé son soutien en votant « POUR » en hommage aux figures féministes et aux femmes luttant pour leur liberté à travers le monde, soulignant ainsi la dimension internationale et mémorielle de ce vote.

Adoption définitive et réactions

L’annonce de l’adoption de l’IVG dans la Constitution, faite par Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée Nationale, a été accueillie par de longs applaudissements, signe de la portée historique de cet événement. Elle a remercié les parlementaires en disant : « Je vous remercie, merci pour elles ».
Cette inscription concerne spécifiquement l’article 34 de la Loi fondamentale, et le résultat du vote démontre un soutien bien au-delà du seuil minimal requis.

Signature par le Président de la République

La révision avec le droit à l’IVG dans la Constitution doit encore être signée par le président de la République pour être officiellement intégrée.
Une cérémonie de scellement est prévue pour le 8 mars 2024, coïncidant avec la Journée internationale des droits des femmes, ce qui souligne encore davantage la symbolique de cette réforme pour les droits des femmes en France.

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