Côté Bourse : Techs qui coulent, or qui brille, missiles qui montent… Le monde change, les marchés et les analystes financier n’ont pas eu le mémo. La politique reprends le pouvoir sur la bourse. Et oui qui l’eut cru ce n’est plus la bourse qui influence la politique mais les politiques qui imposent le tempo aux bourses mondiales.
Un début de mandat sous le signe du « Buy America First »
L’investiture du nouveau président américain en janvier 2025 a immédiatement eu un effet dopant sur la bourse américaine. Les annonces fracassantes : relocalisation industrielle, subventions massives aux entreprises nationales, défense du « made in USA », baisse d’impôts ciblée… Autant de signaux forts pour les investisseurs.
Les valeurs industrielles et de défense ont bondi. Boeing, Raytheon, Lockheed Martin, General Dynamics : tous ont connu un début d’année euphorique. La bourse a salué ces engagements comme un retour à une économie plus nationaliste, tournée vers la production concrète.
Mais à trop chauffer le moteur, on finit par l’enrayer. Dès février, les premiers effets négatifs apparaissent : inflation galopante, tensions avec les partenaires commerciaux, taux directeurs revus à la hausse par la Fed. En quelques jours, la bourse est passée de l’euphorie à l’inquiétude. Et le doute s’est installé.
Les techs (américaines) à la peine sur les marchés boursiers
Longtemps reines incontestées de la bourse, les entreprises technologiques ont brutalement vu leur statut vaciller. En quelques semaines, le Nasdaq a perdu plus de 8 %, effaçant les gains engrangés sur l’élan de l’intelligence artificielle et des nouvelles promesses numériques.
En ligne de mire : une défiance croissante des autorités américaines envers les géants de la tech, accusés de trop dépendre de la Chine, de menacer la souveraineté numérique du pays, voire de concurrencer l’État dans certains domaines (intelligence artificielle, cloud militaire…).
Les investisseurs, qui avaient fait des FAANG les locomotives de la bourse mondiale, s’interrogent désormais : peut-on encore compter sur ces titans dans un monde qui se fracture ? La tech reste puissante, mais elle n’est plus intouchable. Et la bourse, elle, l’a bien compris.
L’Europe, havre relatif dans la tempête boursière
Pendant que la bourse américaine vacille, la bourse européenne affiche une forme de solidité inattendue. Le CAC 40 dépasse les 8 000 points, tiré par le luxe, la pharmacie, l’aéronautique. Le DAX allemand, lui aussi, reste résistant, porté par ses exportations et sa base industrielle diversifiée.
Pourquoi cet écart de trajectoire ? D’abord, parce que l’Europe est perçue comme moins exposée aux tensions entre grandes puissances, au moins pour l’instant. Ensuite, parce que certaines valeurs européennes sont tout simplement mieux valorisées, après des années de prudence.
Enfin, les capitaux cherchent des refuges. Et entre une Chine incertaine, une Amérique clivante et une Russie sous sanctions, la bourse européenne apparaît comme un compromis acceptable. Pas flamboyante, mais stable. Dans une période agitée, c’est déjà beaucoup.
Le retour en force des valeurs refuge sur la bourse mondiale
Lorsque la bourse se crispe, les investisseurs se rabattent sur les vieilles recettes. Et la plus classique reste l’or. Fin mars, le métal jaune dépasse les 2 300 dollars l’once. Un sommet historique, alimenté par les craintes géopolitiques, les doutes sur le dollar, et l’instabilité des grandes puissances.
Mais l’or n’est pas seul. Le franc suisse, les obligations d’État allemandes ou françaises, et même certaines cryptomonnaies comme le bitcoin ont repris du terrain. Car au fond, la bourse cherche aujourd’hui ce qu’elle redoute de perdre : la prévisibilité.
Le retour des valeurs refuge traduit surtout une perte de confiance dans les grands équilibres. Ce n’est pas tant une ruée vers l’or qu’une fuite devant le chaos. Et dans ce genre de climat, la bourse préfère les caves aux gratte-ciel.

Le secteur de l’armement : étoile montante de la bourse
S’il est un domaine où la bourse ne connaît pas la crise, c’est bien celui de la défense. Dans un monde où les tensions militaires s’exacerbent – mer de Chine, Ukraine, Proche-Orient – les gouvernements réarment à marche forcée. Et les entreprises qui fournissent missiles, drones et systèmes de surveillance voient leurs carnets de commande exploser.
La bourse valorise cette dynamique. Car elle ne repose pas sur une mode passagère ou un effet de buzz, mais sur une tendance structurelle : la réaffirmation des souverainetés, la méfiance croissante entre blocs, et le retour du dur face au doux.
Les fonds d’investissement l’ont bien compris. Ils rééquilibrent leurs portefeuilles. Moins de métavers, plus de blindés. Moins d’avatars, plus de radars. Et dans la bourse, ce qui compte, ce n’est pas la morale, c’est le rendement.

Conclusion : la bourse, reflet brutal du monde
La bourse n’a pas d’âme, mais elle a des nerfs. Et ces nerfs réagissent à chaque secousse du monde. Depuis le début de l’année 2025, elle ne fait plus semblant : elle suit la géopolitique au pas de charge.
Les marchés financiers ne sont plus un simple thermomètre de la croissance. Ils sont devenus un sismographe des tensions. Ce que la bourse nous dit aujourd’hui, c’est que l’heure n’est pas à la sérénité, mais à la stratégie. Et que ceux qui savent lire entre les lignes du CAC, du Nasdaq ou du Nikkei peuvent deviner l’état du monde à venir.
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