États-Unis ou la course vers un isolement diplomatique inédit États-Unis ou la course vers un isolement diplomatique inédit

Les États-Unis partent en guerre contre le reste du monde ?

Une tempête diplomatique et commerciale déclenchée par les États-Unis de Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025.

Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, les États-Unis de Donald Trump a déclenché une véritable tempête diplomatique et commerciale. En un mois seulement, il a multiplié les sanctions, les tarifs douaniers et les déclarations incendiaires contre une grande partie du globe. Alliés comme adversaires ont été ciblés, parfois pour des raisons commerciales, parfois pour des considérations géopolitiques, et parfois simplement pour satisfaire son goût du rapport de force.

Mais au milieu de cette vague d’attaques, une ambition bien plus surprenante a refait surface : l’idée d’acquérir, voire d’annexer le Groenland.

Une guerre économique des États-Unis à grande échelle

Tarifs douaniers et sanctions : Washington contre le monde

À peine réinstallé au pouvoir, Trump a relancé son offensive protectionniste, imposant des taxes punitives sur les importations et menaçant ses partenaires économiques.

  • Canada & Mexique : Accusés de « profiter des États-Unis », ils subissent des droits de douane de 25 % sur les produits agricoles, automobiles et industriels. En réponse, Ottawa et Mexico ont répliqué avec leurs propres sanctions.

  • Union Européenne : Trump a qualifié l’UE de « mini-Chine » et a imposé des tarifs supplémentaires sur l’acier, les produits de luxe et certains biens manufacturés. Bruxelles prépare des mesures de rétorsion.

  • Chine : Reprenant sa politique de guerre commerciale, Trump a alourdi les taxes sur les importations chinoises, entraînant une riposte de Pékin qui menace de restreindre l’exportation de terres rares essentielles aux industries américaines.

  • Colombie : Sanctionnée pour avoir refusé d’accueillir les migrants expulsés des États-Unis, elle subit des taxes de 25 % sur ses exportations de café et de fleurs.

  • Panama : Washington exige de récupérer le contrôle du canal de Panama, prétextant des tarifs excessifs imposés aux navires américains.

Ces décisions ont isolé les États-Unis sur la scène économique, incitant plusieurs pays à renforcer leurs alliances commerciales pour contourner Washington.

Les attaques verbales : des insultes aux menaces

Si les mesures économiques suffisaient déjà à créer des tensions, Trump a aussi multiplié les déclarations provocatrices, n’épargnant presque aucun continent.

Afrique : mépris et sanctions

  • Afrique du Sud : Marco Rubio, son secrétaire d’État, a accusé Pretoria d’ »antiaméricanisme » et suspendu toute aide financière, tout en boycottant le G20 à Johannesburg. L’Afrique du Sud « ne se laissera pas intimider », a prévenu Cyril Ramaphosa, lors de son discours annuel sur l’état de la nation. « Nous ne nous laisserons pas décourager. Nous sommes, en tant que Sud-Africains, un peuple résilient », a-t-il déclaré devant les députés sud-africains réunis au Cap.

  • Égypte & Jordanie : Trump a suggéré d’expulser les Palestiniens de Gaza vers ces pays, une déclaration immédiatement rejetée par Le Caire et Amman. Un refus net. «Notre rejet du déplacement des Palestiniens est ferme et ne changera pas. La Jordanie est pour les Jordaniens et la Palestine est pour les Palestiniens», a déclaré Ayman Safadi, ministre jordanien des Affaires étrangères. Le ministère égyptien des Affaires étrangères a réaffirmé dans un communiqué «le soutien constant de l’Égypte à la résilience du peuple palestinien sur sa terre», rejetant «toute atteinte à ces droits inaliénables, qu’il s’agisse de colonisation, d’annexion de terres, de dépeuplement de ces terres par déplacement, d’encouragement au transfert ou de déracinement des Palestiniens de leur territoire, que ce soit de manière temporaire ou permanente»
    Les dirigeants des deux pays ont immédiatement rejeté la proposition, et le roi de Jordanie, Abdallah II, et le président égyptien, Abdel Fatah al-Sisi , se rendent à Washington pour tenter de convaincre Trump de changer de cap.

  • Cuba : Réinscrite sur la liste des États soutenant le terrorisme, Cuba subit un renforcement du blocus économique.

Moyen-Orient : Trump en mode bulldozer

  • Palestine (Gaza) : Trump a proposé de « débarrasser » Gaza de ses habitants pour en faire une « Riviera du Moyen-Orient ». L’ONU a dénoncé un projet de « nettoyage ethnique ».

  • Iran : Trump a repris sa rhétorique belliqueuse contre Téhéran, menaçant de frapper le pays si son programme nucléaire reprend.

Amérique Latine : autoritarisme et ingérence des États-Unis

  • Mexique : Qualifié de « coupable » du trafic de drogue aux États-Unis, il est menacé de nouvelles sanctions commerciales. Un aspect de plus de la querelle qui reste en travers de la gorge du gouvernement Mexicain : l’accusation vague mais choquante de l’administration Trump concernant une “alliance intolérable” entre le gouvernement mexicain et le crime organisé.

  • Venezuela : Washington renforce les sanctions contre le régime Maduro, cherchant à accentuer la pression sur Caracas. De plus, l’administration Trump a annoncé la fin du Statut de Protection Temporaire (T.P.S.) pour plus de 300 000 Vénézuéliens vivant aux États-Unis. Cette décision, révélée par The New York Times à partir de documents gouvernementaux, expose ces migrants à une expulsion imminente.

  • Panama : Le président, José Raúl Mulino, a accusé les États-Unis de colporter un « mensonge tout simplement intolérable » à propos du canal de Panama, alors que la promesse de Donald Trump de « reprendre possession » de la voie navigable continue d’empoisonner les relations entre les deux pays et de susciter l’inquiétude en Amérique latine.

Union Européenne : la « mini-Chine » selon Donald Trump

Donald Trump relance la guerre commerciale contre l’Union européenne. Il menaçe d’imposer des droits de douane imminents sur les produits européens, accusant Bruxelles de « voler les États-Unis ». Sur le front énergétique, il exerce un véritable chantage. Il exige que l’UE augmente massivement ses achats de pétrole et de gaz américains sous peine de sanctions tarifaires.
« Achetez notre pétrole et notre gaz, ou subissez des taxes massives ! »

Parallèlement, la bataille du numérique s’intensifie, avec Trump, Elon Musk et Mark Zuckerberg en croisade contre les régulations européennes du Digital Services Act et du Digital Markets Act. Ils les concidèrent comme liberticides et hostiles aux géants américains de la tech.
Face à cette offensive tous azimuts, Emmanuel Macron hausse le ton et appelle à la résistance : « L’Europe doit se faire respecter et réagir ! »

Bruxelles, en état d’alerte, promet des représailles commerciales si Washington met ses menaces à exécution, laissant entrevoir une escalade des tensions transatlantiques.

Groenland : la menace d’une annexion américaine

Le cas explosif du Groenland : la menace d’une annexion américaine

Parmi toutes les crises diplomatiques lancées par Trump, celle du Groenland est probablement la plus inattendue – et la plus inquiétante.

En janvier 2025, Trump a ravivé son obsession de 2019 en affirmant que les États-Unis devaient « absolument » acquérir le Groenland pour leur sécurité nationale. Lors d’un meeting, il a déclaré :
« Pourquoi laisser un territoire aussi stratégique à un petit pays comme le Danemark ? Nous pouvons en faire une base militaire et économique formidable. »
Donald Trump Jr. a fait un voyage à Nuuk, distribuant des casquettes « Make America Great Again ». Cela a été perçu comme une provocation par la population locale.

Danemark et UE vent debout

Le Danemark a immédiatement rejeté cette prétention et convoqué une réunion d’urgence. Plusieurs dirigeants européens ont évoqué un déploiement préventif de troupes de l’OTAN au Groenland pour dissuader toute tentative d’appropriation américaine.
Pour l’instant, la menace reste verbale. Mais les analystes craignent que Washington n’impose bientôt des sanctions économiques sur le Groenland pour pousser à une négociation forcée.

Les États-Unis : un isolement diplomatique inédit

En à peine un mois, Trump a réussi à mettre à dos la quasi-totalité de la planète. Son approche « America First », déjà critiquée durant son premier mandat, semble cette fois pousser les autres nations à se rapprocher entre elles pour contourner l’influence américaine.

  • L’Europe cherche de nouvelles alliances commerciales avec l’Asie et l’Amérique du Sud.
  • La Chine profite de cette situation pour renforcer ses liens avec l’Afrique et l’Amérique latine.
  • L’OTAN est sous tension, plusieurs membres s’interrogeant sur la fiabilité des États-Unis comme allié.

L’Amérique de Trump avance donc vers un isolement diplomatique total, où son obsession du rapport de force pourrait se retourner contre elle. Si le président pensait redonner de la grandeur aux États-Unis, il risque surtout de les précipiter dans une ère de déclin sur la scène internationale.